Figures Loudunaises méconnues

Une conférence de Jean-Jacques Mouraux intitulée "Figures Loudunaises méconnues", programmée le vendredi 9 octobre à 17 h 00 en la salle des fêtes de la mairie de Loudun : Loudun est célèbre par ses grands hommes comme Théophraste Renaudot, Urbain Grandier, etc. Cependant d’autres sont passés dans les oubliettes de l’histoire tels Estienne Jamineau, Caillard la Montagne et Jean Marie Bion. Nous avons rencontré ceux-ci, qu’ils soient contestataires, voire révolutionnaires ou modérés dans leurs opinions. Il était temps de les faire resurgir des oublis du temps car ils ont tous contribué à la gloire de Loudun.
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Cette conférence s’est tenue dans la salle des fêtes de la mairie de Loudun. Marie-Claire Coët a présenté Jean-Jacques Mouraux, ancien professeur de Physique-Chimie au lycée Chauvet de Loudun. Le conférencier a ensuite successivement évoqué cinq personnalités du XVIe au XXe siècle, qui ont marqué la ville de Loudun.

ETIENNE JAMINEAU, blasphémateur supplicié à Poitiers

Protestant convaincu de blasphèmes à l’encontre de la Vierge Marie à Loudun, Etienne Jamineau est condamné à Poitiers 26 octobre 1531 sous le règne de François Ier à être brulé vif. La sentence fut exécutoire le jour même. Circonstance curieuse, mais qui n’est pas isolée, ceux qui assistèrent à l’exécution furent remerciés par une gratification de 22 sols parisis.

JEAN-MARIE BION (1730-1798), maire de Loudun en 1792

Jean Marie Bion est né à Loudun le 28 août 1730. Tous les ascendants connus depuis 1600 sont de Loudun, Chalais ou Véniers. Avant la révolution, il exerce comme avocat au Parlement et substitut du procureur du roi au baillage de Loudun. Le 19 mars 1789, il est élu député de baillage de Loudun pour le tiers-état. C’est le début d’une carrière politique qui sera interrompue par sa mort en 1798. Membre de l’Assemblée Constituante (1789-1791), membre de la Convention Nationale (1792-1795), puis secrétaire au Conseil des Cinq-Cents et administrateur de la Vienne (1795-1798), il fut maire de Loudun au cours de l’année 1792. C’est un révolutionnaire modéré, qui lors du procès de Louis XVI, vote pour la détention et le bannissement. A Loudun, il acquiert en 1787, le bel hôtel Diotte de Maillou, qui subsiste de nos jours rue du Portail Chaussée, où fut récemment apposé une plaque en son honneur.

LA MONTAGNE CAILLARD (1794-1851), directeur d’une école mutuelle

La famille Caillard était loudunaise. Le grand-père de La Montagne était originaire de Saint Léger de Montbrillais. Son père Louis Caillard, fervent adepte de la Révolution française, prénomme son fils, né le 21 avril 1794 :  La Montagne. En 1819 une école mutuelle est créée rue Croix-Bruneau à Loudun, dont La Montagne Caillard devient le maître, c’est-à-dire le coordinateur de l’enseignement. En effet dans ce modèle importé d’Angleterre ce sont les élèves qui enseignent à leurs camarades. En cette même année 1819, le jeune Victor Hugo a soumis au concours de l'Académie française une poésie intitulée Discours sur les avantages de l’Enseignement mutuel : 

« J’écoute mal un sot qui veut que je le craigne,

Et je sais beaucoup mieux ce qu’un ami m’enseigne »

« Vois-les, près d’un tableau, sans dégoûts, sans ennuis,

Corrigés l’un par l’autre, et l’un par l’autre instruits »

Malgré les tracasseries des frères de la doctrine Chrétienne, l’école mutuelle de Loudun affiche, en 1842, un effectif de 120 élèves.

Nestor NOSEREAU, maire de Loudun de 1837 à 1870

Nestor Nosereau est né le 6 mars 1804 à Loudun dans une famille de notables. Il laisse la réputation d’un grand orateur public. En 1861, il sollicite l’empereur Napoléon III pour que le tracé de la ligne de chemin de fer Tours-Les Sables d’Olonne, passe par Loudun afin de pouvoir écouler par le train les productions agricoles du Loudunais. Son logis personnel du 27 rue Porte de Chinon - où il habite seul, étant resté célibataire - est le siège de réceptions fastueuses. C’est lui, qui fait construire l’immense hôtel de ville, inauguré le 14 mai 1863 et qu’on désignait alors comme « le palais impérial ». 

Eugène GREAU (1904-1943), coureur cycliste et résistant

La crise de 1936 l’oblige à retourner à l’usine. En 1937, il est employé à la SNCF, s’investit dans le syndicalisme et adhère au Parti Communiste. Ses actes de résistance lui valent une condamnation à mort, commuée en 20 ans de réclusion. Le 19 novembre 1942 il est transféré en Allemagne à Hinzert, où il fait la connaissance du docteur Chauvenet, ancien chirurgien à Loudun, chef du mouvement de résistance « Confrérie Notre Dame ». En 1937, le Dr Chauvenet avait en effet racheté le bâtiment de l’ancienne sous-préfecture de Loudun, qu’il avait transformé en clinique. En février 1943, Eugène Gréau est interné au camp de Sonnenburg (actuellement Slonsk en Pologne) à 130 km à l’est de Berlin, camp insalubre où prospèrent la vermine, le typhus et la tuberculose. Sans doute atteint de tuberculose, il est admis à l’hôpital, où il décède le 20 décembre 1943. Il est inhumé au cimetière de Sonnenburg.

En 2025 la ville de Loudun lui rend hommage mérité en lui dédiant le vélodrome de Loudun, qui désormais porte son nom.

En conclusion …

La soirée s’est terminée pour 14 membres de la SHPL par un dîner au relais de La Roche à La Roche-Rigault, où les discussions ont pu se poursuivre.